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à la surface on distingue l’œil humide la soie grise du ciel à six mille mètres on trouve la neige marine les restes liés par le mucus sucré à six mille ans on voudrait faire connaissance leur dire après, nous? Évidemment il n’y a de nous que ces quatre lettres dans un poème on désire fendre vertige et les voir sombrer calcinés midi minuit au clocher là-bas pour qu’ils déposent sur le sable le souvenir de nos voix


Châtiment
je ne t’ai pas choisi

je ne dirai pas que c’est une question d’âge
parce que tu ne vis pas
encore

le roi s’érode
s’agrippe
s’évertue

qui rouille comme une carcasse métallique sur la dune
qui s’enlise
qui te fige au sommet

pourtant
quelle meute sur nos visages d’enfants

crâne pour crâne
nos yeux brilleront d’aubes implorées


Ill1


Blancheurs
lames de fond sur le sable crachant nos vies
plastiques
on étouffe sous la mer
s’habituant à force de ne pas voir
devenir

au-dessus du devenir
rien

et toi l’opaque
et les ailes goudronnées de l’oiseau


Ill2


Ardemment
ardemment

nous sommes
nébuleuses

voici l’heure
qui plonge en toi


à l’abattage des jours nos peaux scintillent hors de la carcasse sont fraîches avec du sel sont brutes après le travail de rivière: charge des esprits, sueur des baisers. poils et épiderme sont rincés à l’eau claire, graisses et restes écharnés. reste cette mémoire gonflée acidifiée déchaulée tannée étirée assouplie. teintée


Plasticienne et poète, travaille le geste poétique à l’encre; vit à Montreuil. Les travaux sont visibles sur son blog Toile poétique : http://graindeble.blogspot.fr ainsi que dans plusieurs revues de poésie contemporaine. A illustré récemment le recueil de Fabrice Farre, Le Chasseur immobile (éd. du Citron Gare)

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