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 À Alain Jouffroy




Les jours déjà très longs sont à rallonger.
La paix déjà signée est à transformer
en « pax magna ».
La signature en peau de chagrin – anonymement vôtre.
Transparence et urgence.
Sauver le roi qui meurt et sa sœur aimée.
Qui est le roi ? L’attente.
Et sa sœur ? Je l’attends.
Je ne me laisserai pas emporter par la grâce inutile.




Poupée vaudou




Tu es ma poupée vaudou
Déjà absente
toujours présente
Que des voiles noires
très larges
recouvrent.

Sa blancheur ténébreuse
sans tête
est coupée net :
Mes bras se confondent
avec les voiles
et embrassent
ton absence fulgurante
ta présence éclatante :
Un ange à ma table ?
Une foudre à mon chevet ?
Un vol sans cesse stoppé ?
Une imitation de vie ?

Ma poupée vaudou
Dont le corps est le mien
Et que je pique
avec la pointe de mon stylo, ici :
Lisez et pardonnez celle
qui vous envoie ces lignes,
les banderilles d’une corrida
de la parfaite absence.




Je me liquéfie devant toi




En ta présence
Mon corps prend la forme
D’un costume après l’autre
Dans une armoire ad hoc
Jusqu’à devenir son bois.
Effilée, allongée, étrangée, transvasée –
Perte sans pertes
Réincarnation sans failles
Réifications
pour retrouver ton corps
obnubilé par mes migrations-instants

Soluble dans la fuite,
Je me liquéfie.




Mes genoux sourient




Mes genoux sourient
Je leur dis bonjour.
Mes idées chancellent
Je leur dis au revoir.
Les amis reviennent
Je les plaque sur place.
Le soir qui hésite
Parmi les gouttes.
Je sautille en rond
Je me recroqueville
Et retrouve le sourire
Maintenant béant
De mes genoux tendus.

J’astique par ces mots
Quelques minutes d’une fin d’après-midi
Qui se veulent la quintessence
De ma pauvre vie.

Les genoux m’ont souri
Et je ne leur ai rien dit
A part un petit bonjour.









Sanda Voïca : sur son blog, « Le livre des proverbes nouveaux », dans la rubrique « Présence ailleurs », des détails sur sa présence littéraire.
Initiatrice et rédactrice-en-chef de la revue « Paysages écrits ».






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