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Ne dis plus rien
car si tu parles
tu rouleras
aussi bas
que la langue
des pierres

………………………….ne t’ouvre pas
………………………….car l’océan
………………………….emportera
………………………….vers une plage morne
………………………….la lueur
………………………….de ton seuil

ne bouge plus
les routes poussent
l’ombre
précipitent leurs bras
et leur bec de pieuvre

………………………….la nymphe
………………………….reste lisse
………………………….elle clôt
………………………….son regard

à rebours
la morte rit
pour fixer
la mesure du silence.













D’ici je vois glisser les nuages
bleus sur la montagne
je les sens glisser sur ma peau
ce n’est pas la pluie que je sens,
c’est bien la peau des nuages
la caresse des eaux
qui me constituent.
J’ai vu mourir ces enfants
dans le jour qui les a fait naître
au milieu de ces forêts
d’hommes et d’arbres
ce qui les a portés je le porte en moi
je porte en moi la vie,
la mort comme ces nuages
glissant lentement
vers le haut
disparaissent.

Nuages bleus, nuages lourds
traverse aveugle des oiseaux,
la saison du chant est passée.












Le soleil élague nos têtes
comme des ceps
lumière jusqu’aux os
la chair crue
silhouettes à nu
tendus les bras
raides les jambes
debout
est le seul horizon

vêtir comment ?
La nudité
le corps qu’écorchent les épines
trop de clarté

Il faut guetter la nuit
la dérobée
une veine d’eau vive
pour le cœur apaisé
chercher la faille
où glisser ce baume

l’ombre sur la plaie
du jour .












Paysages vus de la chambre close
elle ne joue plus
attend la percée du silence

le sirocco enfouit la ville
dans le sable d’oubli

de la ceinture des minarets
s’élève
le chant grave du Muezzin

nuit soulevée telle un tapis

une flamme sombre embrase les murs
elle reviendra plus tard
vingt ou trente ans plus tard
la flamme sous d’autres couleurs
qui interrompra cette même nuit.












Soudain
sous les arbres
la brume porte
à nos lèvres le sel,
la rosée, les rayons
et le vin des orages

à la bouche ce présent
la misère des signes
est alors estompée
par nos voix d’enfants

contre la crête des corps
s’élancent
nos poings d’argile et d’eau

si loin de toute terre
nous disparaissons
désir, éblouissement
à l’orée de la peau.










Hongroise d’origine, après une enfance en France, Cécile A. Holdban décide à l’adolescence de poursuivre sa scolarité dans un internat hongrois, dans la campagne bavaroise dont elle conserve la nostalgie. Elle compose à cette époque ses premiers poèmes en hongrois, sa langue maternelle qui l’a bercée à travers chants et poésies que lui contaient sa mère et sa grand-mère.
Elle suit, pendant quatre ans, aux Langues orientales, des études de linguistique au cours desquelles elle s’initie à la civilisation finlandaise et au quechua, et, surtout, entreprend ses premières traductions du poète hongrois Weöres Sándor.
Sensible aux arcanes de la nature, cette passionnée de botanique est aussi une grande voyageuse dans l’âme, dont les itinérances l’ont conduite en Europe de l’Est, en Amérique du Sud et en Asie.
En 2011, Angèle Paoli, la créatrice du site « Terre de Femmes », publie pour la première fois un de ses poèmes.
En 2012, elle publie un premier recueil aux éditions L’Échappée Belle, Ciel passager, que suivra un recueil de haïkus en 2013, aux éditions La Part Commune, Un nid dans les ronces.
En 2013, elle publie plusieurs traductions de Weöres Sándor en revue (Variations…), et sur des sites en ligne consacrés à la poésie (Terre de Femmes, Poezibao…).
En 2014, elle traduit une anthologie de Jószef Attila, avec Francis Combes et Georges Kassai, aux éditions Le Temps des Cerises, Le Mendiant de la beauté, ainsi qu’un recueil de textes inédits de Karinthy Frigyes aux éditions du Sonneur, Tous sports confondus.
Actuellement, elle prépare un volume consacré à Weöres Sándor pour la collection de poésie « Orphée » aux éditions de La Différence, ainsi que deux recueils de poésie, dont l’un a pour thématique l’exil, l’arrachement au pays natal, et l’autre la vie et les écrits d’une poétesse néo-zélandaise méconnue du début du vingtième siècle, Emilia Wandt.






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