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Tous les ans
le même rite
malgré pertes
et silence

je dresse les noms
sur la table oblongue
où filent les ombres

l’été avale le froid
qui ne sait frissonner

la nuit est une plaie d’ors.

 

Ces regards
qui se perdent
en la brume
du jour

ces corps
qui se confondent
avec l’oubli

ces propos
qui ne disent pas

ces parfums qui s’évaporent.

 

Je bois
un café
avec toi
sur la terrasse

le soleil nous
abreuve
d’hiers

je me fous bien du jour
et de son cul gras

quand tous les corps semblent maigres.

 

Des murmures
sur la peau frileuse
de la Garonne
au matin

je compte
les brindilles
dans mes yeux

la terre aqueuse
où tout glisse

ce qui coule.

 

Dans le jardin
les chats mangent le soleil
en buvant l’ombre
de la table

rien ne s’arrête
pas même
ce qui s’arrête

comme les mots continuent d’écrire
un poème jamais écrit

un souffle dans la tempête.


Vincent Motard-Avargues

Né le 15.06.1975, à Bordeaux où vit et travaille, compte, à son actif, quatre livres et cinq plaquettes publiés, ainsi que quelques participations à des revues / anthologies ; a créé la revue Ce Qui Reste, avant de la laisser vivre sa vie avec Sébastien de Cornuaud-Marcheteau ; diffuse des chroniques chez Recours au Poème & La Cause littéraire ; fait parfois des photos & des peintures… et puis voilà.

 

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