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(Poèmes extraits d’un recueil inédit)






POÈMES FATIGUÉS



tu installes la lampe
près du jeu d’échecs
et pourtant tu n’aimes
pas jouer seulement
avoir la lumière dans
le séjour proche de la
table au loin en bois
depuis nos débuts ici
à disparaître dans les
plats à revenir aux bras
d’une terrasse fleurie
si l’été parle la mer
la cuisine se tait lors
des hautes vagues
où les soupers ont la
mémoire des coques
et le parfum des bouches
lisant des poèmes fatigués



UNE LUMIÈRE



ton corps allongé le livre
ouvert donne une rallonge
à la nuit dans ta tête que
j’imagine une lumière
au-dessus des seins en
claquant des doigts tu te
cabres et je t’observe
et puis t’écris que tu me
parles et que je voudrais
du bout des mots atteindre
comme on attrape un oiseau
au vol la petite cage tombée
que j’ai entendue quand tu
t’es assoupie d’avoir trop lu




AMITIÉ AU SQUARE



tu montes les escaliers
descends le toboggan
et un chien renifle dans
les pâquerettes des senteurs
que tu ne te figures même pas

tu sautes de haut
un deux trois dans
l’espoir d’arriver plus
grande près du chien
revenu des fleurs

maintenant que tu as bien
joué tu cueilles des pâquerettes
à ton tour et le chien songe
sur le flanc à rester ton ami
au square te regarder grandir




SOUS DES DESSINS



cogne la tête dessine un corps
que j’écrive dessous la légende
d’une vision l’air de rien déjà
prête depuis longtemps dans
un brouillon d’esquisses que
je garde à l’ombre à dégainer
en cas de vide d’absence de
musique de guerre à ressortir

vivre sous des dessins la vie
de part et d’autre d’un puzzle
aux pièces enfouies sous la
nappe de l’immense table ovale
dont les taches de vin ne partiront
pas est un leurre d’artiste sur un
collage dont les formes ondulent




AVANT LA GUERRE



la poudre sortie des balles
avec laquelle tu dessinais des
cœurs sur la terrasse blanche
après nos excursions est prête
à s’enflammer comme si là
devant mes yeux tu allais
mettre à mort une parcelle
de notre enfance en équilibre
un bout de rire dans le jaune
de nos mains tremblantes
près des lézards à la queue
rompue un rituel d’adulte
avant de partir à la guerre







Thierry Radière est né en 1963 dans les Ardennes. Avec à son actif plus de cent contributions dans une vingtaine de revues de poésie contemporaine et de création littéraire, il navigue inlassablement entre prose et poésie, paraboles et allégories, sans jamais savoir où son périple le mènera.

Livres publiés :
Nouvelles septentrionales ( recueil de nouvelles), éditions du zaporogue, 2011
Le manège ( court roman), éditions du zaporogue, 2012
Le murmure des nuages ( autofiction), éditions émoticourt, 2013
Confidences et solitudes de plus en plus courtes (recueil de nouvelles), éditions Jacques Flament, 2013

A paraître :
si je reviens sans cesse (recueil de poèmes), éditions Jacques Flament, octobre 2014
Rivages intimes ( prose poétique + photographies en noir et blanc de Marc Decros), éditions Jacques Flament, octobre 2014
Juste envie de souligner, ( plaquette de 19 poèmes ) éditions La porte, début 2015
Et une publication, deuxième trimestre 2015, aux éditions du Pédalo Ivre






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