Skip navigation

 

Narrations populaires

 

Ecorce urbaine, Sophie Brassart

Sur la feuille les striures du stylo de l’employé qui bavardait Comme un homme Il réclamait nos couloirs de vie des replis des secrets A côté sous la manche soulevant le tampon sec nos yeux familiers qui fuyaient L’océan de fortune Où se perd où se coule l’écart d’un instant

La peine libre
On se fondait

Mur du bureau 

Comme des clous  

 

Ariane mate la devanture
et les colonnes de style dorique
le luxe lumières ouèche le néon 
tu dis j’aime le mot carnage 
le paravent noir à l’intérieur 
moi aussi d’ailleurs vrai
ou faux oranger
le vrai vendeur ou le faux 
l’acheteur

On dévisageait encore 

Deux fauteuils 

 

Tu fixais vaincue la flaque de sang 

 

Bruit des Escalators des poussettes des sacs en papier en plastique des chips des rails du train de la voie automatique et masculine répétant deux fois Buzenval Il est cinq heures du soir cette journée c’est une femme aux cheveux tombant un saule pleureur Elle ouvre un sac très jaune en sort un petit parapluie que l’animal regarde

L’homme s’est déplacé d’une rame et la dévore

Et part

 

Ecorce urbaine 2, Sophie Brassart


Sophie Brassart

Plasticienne et poète, travaille le geste poétique à l’encre; vit à Montreuil. Les travaux sont visibles sur son blog Toile poétique ainsi que dans plusieurs revues de poésie contemporaine. A illustré récemment le recueil de Fabrice Farre, Le Chasseur immobile (éd. du Citron Gare)

%d blogueurs aiment cette page :