Revue de poésie contemporaine

combien de temps rester là (et autres poèmes)

c

com­bien de temps res­ter là
à regar­der dan­ser l’inaccessible
et sa cara­vane d’ombres
sur la tapis­se­rie des jours
avant d’aller dans les méandres, cette inquié­tude
dis­til­lée qui donne aux mots la légi­ti­mi­té
du res­sac : ce désir insur­gé, qui joue et rejoue
sa par­ti­tion des heures mor­ce­lées qui nous
séparent

ces taches informes seraient des vipères
filant dans les ronces inson­dables
puisqu’au réveil je retrouve le soleil froid
l’écho d’un rire der­rière le brouillard épais
de l’attente et son nid vide, je regarde la lampe
éteinte, au ver­so de l’ennui je déchiffre tous
ces si seule­ment ces peut-être
qui font voya­ger nos songes
comme des four­mis sur la mar­gelle d’une pis­cine

mes yeux piochent sans fin dans l’air
pour gar­der l’élan de ton souffle
mais quand je dis tu je parle à ton absence
à cette voix qui pour­rait être la tienne
quand je dis tu je parle encore trop
alors com­ment construire ce qui sauve
com­ment comp­ter sans répit tous tes visages
s’extraire de la gri­saille
pour que la pein­ture ne sèche pas
prendre tous les détours pos­sibles
mal­gré tous ces mor­ceaux de nous jetés
dans l’incertain

mur, robe blanche et tee-shirt NY fucking city
ou peut-être sim­ple­ment une pièce de deux dinars
posée sur la table de nuit, près du lit
tout ça ferait tenir les mots ensemble
vou­drait dire quelque chose
le pré­sent décan­té comme si de rien n’était
les cris bal­bu­tiés haus­sés jusqu’à l’éclaircie
même si pas assez n’est tou­jours pas assez
et trop n’est jamais trop

ai-je payé ma dette à la patience, avec ces mots
qui ne sont plus à leur place, qui glissent hors
de leur propre dis­pa­ri­tion, pour balayer ce tour­billon
et faire fuir les cor­beaux leurs cris inex­tin­guibles
entrou­vrir la fenêtre son bleu tout neuf
et sou­le­ver le voile du bout des doigts recueillir
ces ins­tants qui tré­buchent

Auteur(s) / Artiste(s)

Martin Laquet

est né en 1976. Études de lettres puis les Beaux Arts de Lyon.

Pour lui, peinture et poésie sont les deux faces d’une même recherche. Il vit et travaille à Ambérieu-en-Bugey, dans le département de l’Ain. Il y a initié un cycle de rencontres poétiques intitulé « Poésie vive » et également ouvert, en 2010, une petite galerie d’art qui a pour nom « Memory lane ».

›› martin.laquet.free.fr

Publications
  • Jour après nuit, La passe du vent, 2017
  • Dubhé, éditions Sang d’encre, 2011
  • Lumières passagères, éditions Sang d’encre, 2010
  • Un temps d’urgence, Éclats d’encre, 2008
  • L’autre versant, ou le silence traversé, librairie-galerie Racine, 2000
  • Les dés du temps n’ont qu’une seule face, Maison de la poésie, 1999
  • La nuit déshabillée, librairie-galerie Racine, 1997

Prix Arthur Rimbaud en 1999.

Expositions
  • 2001 – 2003       Galerie du quai, St Rambert-en-Bugey (01)
  • 2002                 Espace Pandora, Vénissieux (69), avec J. Flacher
  • 2003                 Galerie Jule Müller, Bad Doberan, Allemagne
  • 2004                 Salle de la Commune, Taulignan (26)
  • 2007                 Galerie Ste-Hélène, Lyon (69)
  • 2007 – 2008      Château des Allymes, Ambérieu-en-Bugey (01)
  • 2009                 Salle communale, Poncin (01)
  • 2009                 Granges de Servette – Chens sur Léman, Hte Savoie
  • 2012                  Galerie Memory Lane, Ambérieu-en-Bugey
  • 2012                  Château des Allymes, Hameau de Brey de vent,
    Ambérieu-en-Bugey
  • 2015                  Musée des Granges de Servette – Douvaine /
    Chens sur Léman (74)

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