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TRANSPARENCE




Perdant l’espoir de la couleur
Transparente
La vitre teintée de rêve
La trombe de verre inscrite
Au nom de cette perte

Tu n’es plus là mais
Dans le sombre cafard incolore
La morne et triste
Nuit vagabonde qui s’agite
Et tourmente comme une nuée de destins

Cette vitre pourtant, c’est toi.




HANCHES




C’est une maison déconstruite
Où bat une pendule
Le nœud inextricable
D’algues et de concrétions
Cette maison, cette falaise
Ce tremblement de goélands
Rase-mottes d’albatros

Cette maison, c’est la mienne.




SANS TITRE




Le fil est subtil
Le fil est ténu
Il se brise comme une chute
Il tombe dans un nid d’écrevisses
Embrasse des sols vaseux
Et comme digéré
Peint par les couleurs du soleil
Il monte aux lianes des arbres




BOUE




C’est de la boue, rien d’autre
Qui les a charmées
De la boue dans laquelle elles se repaissent
Une tapisserie ancienne
Où elles figurent sans loi de perspective

Dans ce vieux tissu à motif
Elles mangent ce qu’on leur donne
Elles mangent de tout
Et digèrent.




LES LIVRES DES SCULPTEURS




Ils les malmènent
Les écornent et les salissent
C’est qu’ils pétrissent
Et fondent à la pâte
Au ramassis de matière
Tous les rêves et les agilités

Dans une courbe sérieuse
Ils malaxent
Sans rechigner sur la petite matière
Pour célébrer la grande.










Florian Thomas, né en 1981, habite Paris, publié dans des revues comme Népenthes, Verso, Paysages Ecrits, Les tas de mots, Le capital des mots.





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