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La figure des choses

(extraits)



1.

J’ai retrouvé ta maison,
l’épi d’ombre dans le vestibule,
ce que je ne saurai jamais dire
des objets perdus dans la pénombre.
Alors, ce qui existe n’a pas de contours
et je prends conscience soudain
que ton intérieur est une boîte,
que ses murs me réduisent
à la plus petite pensée
et que je vis mieux ainsi




 

2.

Le foulard à ton cou frémissait à chaque
fois que tu prononçais un mot, n’importe
où en présence ou pas de témoins.
A la Pension , le rouge avait marqué la
nuit ferme au sein de l’arène du rêve et
nous avions cru disparaître.
Dans le silence permanent de la taille du
tissu vient s’ajouter la couleur du désir.




 

3.

Je contourne souvent le monde qui
s’applique à multiplier
son chiffre de persuasion.
Je n’en saisis que le bruit des clefs,
dans ta poche, la couture
de ton manteau qui cède
à l’endroit exact du noir de la laine
et du gris accolé presque invisible,
pendant que je me tais.




 

4.

Jamais tu ne trouveras ma maison
aussi droite qu’aujourd’hui
parmi les cyprès et les voix
qui passent.
J’attends devant la fenêtre.
Certains murmurent tout près
et je crois voir le bourgeon qui s’ouvre
et je crois que la fenêtre me fixe
et je crois au visage.




 

5.

Jusqu’à la croix, le bleu nous touche
les toits se suspendent et du bas noir
nous avons un souvenir étroit comme
cette ruelle nerveuse qui mène à la mine.
Les nuages sont des visages, Rondet
n’est qu’une forme de l’endroit
où nous sommes nés. Avons-nous été
de ce monde, une fois devenus bleus
sur les tuiles en équilibre.





Fabrice Farre est né en 1966. Ces poèmes sont issus du recueil « La figure des choses », à paraître aux éditions Henry en octobre 2014. Son blog : http://biendesmotsencore.blogspot.fr .






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