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Laisse dire

On m’a dit c’est bleu
ce que tu écris
On m’a dit mais
c’est bleu nuit
Alors aujourd’hui
je n’ai prononcé que des oiseaux
Ils battent de leur aile
sur le parvis des jours

 

Symphonuit

J’ai à peine oublié de dormir
Que le matin est déjà là
Cette nuit, sur ma page
J’en connais la musique
Une blanche vaut deux noires
C’est du silence, en l’air jeté
Un silence dédié
La fenêtre pâlit par-dessus mon épaule
L’aube mord à pleine lune
A même la pulpe des nuages

 

Axe

Goûter les mots fondre sept fois dans la bouche
Se laisser assaillir de cet écrire
Et transposer l’accord
Dans l’axe du poème
Unifiée

 

 

En somme, nous

Sédimentaire distance
Comme si l’Histoire avait fermé les yeux
Une pause espace/temps
Traversée de Sahel
Où en sommes-nous ?
Une ondée, sur le quai de ce printemps
Elle ne crépite pas, dans la poussière déposée
Exhale un Tchad de cuir et de cire noire
Antilopes d’ébène falsifiée
L’Histoire ouvre les yeux
Mémoire irriguée de lumière
Chari dépositaire

 

Sarment fantaisie

Je fais le sarment de te re-garder

Sarment
C’est un mot qui se tord
Au sens noueux
Facile à enflammer
Promesse rectiligne et sauvage
A l’ivre ouvert


Colette Daviles Estinès

Naissance au Vietnam en 1960, enfance en Afrique, paysanne durant 30 ans dans les Alpes de haute-Provence.
Quelques-uns de ses textes ont été publiés dans diverses revues de poésie comme La Barbacane, Le Journal des Poètes, Ecrit(s) du Nord, La Cause Littéraire, Le Capital des mots, Incertain Regard, Revue 17 secondes, Paysages écrits, Comme en poésie, Nouveaux délits.
Son blog : Volets ou vers

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